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voie verte de la ligne Caen Flers 6

Genèse du premier train de la suisse normande

Le dernier train pour Flers est parti depuis maintenant 45 ans.

Histoire de vies, de générations de cheminots, la ligne est née un certain 15 mai 1873.

Après de nombreuses études puis les expropriations de terrains, la construction de la ligne débute en 1862, faisant suite au décret du projet de loi du 11 juin 1860 et son utilité publique du 3 octobre 1860.

Un peu plus de 10 ans plus tard, le train roulait enfin entre Caen et Laval après pas mal de soucis de

réalisations.

Il fallu 3 ans pour percer le tunnel des gouttes à la sueur des ouvriers, mais enfin c'était chose faite, la ligne allait changer la vie des régions traversées.

La gare de Pont Erambourg, au départ simple halte, apportant nombre de marchandises pour la vallée de la Vère fut inaugurée en 1880

Le département souhaitait aussi une gare en forêt de Grimbosq avec prise en charge des marchandises, seule une halte fut réalisée au lieu du Pont de Brie avec un aménagement pour enregistrer les bagages et la messagerie en 1882.

De m√™me en 1886, Cl√©cy re√ßu une halte au lieu dit de la Serverie plus proche du cŇďur du village qui malgr√© les demandes de la commune ne sera jamais une gare.

Les points d'arrêts ne changeront plus jusqu'à la fermeture.

Par contre, les trains voyageurs de milieu de journée n'arrêteront plus à Berjou et Pont Erambourg au regard de la faible demande à partir des années 1960.

Cette ligne, grande transversale de l'Ouest de la France était liée au grand destin des échanges économiques.

Les industries textile en nombre dans le secteur de Condé sur Noireau ainsi que les échanges avec l'Angleterre par le port de Caen avait fortement participé au lancement du projet de la dite ligne.

A son ouverture, ce sont finalement les mines de fer dont la premi√®re sera celle de Saint R√©my sur Orne ouverte en 1875 qui apport√®rent avec les carri√®res de pierre son premier grand p√īle marchandises.

La ligne traversant des régions fortement agricoles comme l'Orne ou la Mayenne, voyait de nouveaux utilisateurs intéressés par le trafic diffus pour l'échange de matières premières.

Le service voyageurs n'a jamais été la cause principale de l'utilisation de la ligne, bien qu'il ne soit pas négligeable et constituait un moyen de transport économique.

Ce service qui reçu jusqu'à 4 allers/retours s'avéra finalement essentiellement concentré autour de 3 aller/retours en service omnibus sauf pendant la seconde guerre mondial qui vu se réduire le trafic.

La ligne fut équipée pour recevoir des trains lourds....elle est ainsi restée en bonne état entre Saint Rémy sur Orne et Cerisy Belle Etoile.

A noter qu'aujourd'hui les traverses bois sur la section ouverte de la voie verte sont foutus par l'usure du temps !

C'est pourquoi le retour du train demanderait de revoir la ligne sur la partie entre le Pont de fer de L'√ģle Enchant√©e et Saint R√©my sur Orne ainsi que de v√©rifier l'√©tat des traverses fer sur la section qui en dispose.

Le tunnel des gouttes à toujours été très humide créant souvent des suspicions de mauvais état.

Dans les faits, dès sa construction des agriculteurs se plaignaient déjà du faible niveau de leurs puits et demandaient réparation au chemin de fer, le tunnel canalisant pas mal d'eau.

Son nom gouttes aurait du mettre en garde !

Les aiguilles aux bifurcations avec les lignes Paris-Cherbourg et Paris-Granville seraient à reposer, genèse pour un indispensable retour du Caen-Flers.

A noter que la voie de droite du Paris-Granville est toujours là, elle est inutilisée mais pourrait permettre de rejoindre Flers sans raccordement direct à Cerisy Belle Etoile.

Reste l'épineux problème entre le pont de fer et Caen ou la ligne a été déposé et la plateforme arasée sur 400m dans le cadre de la création d'un bassin de rétention contre les inondations.

Bassin dont la justification aurai pu se poser autrement, mais sans concertation, vite fait la voie fut vandalisée et détruite.

Une armada de pelleteuses était venue en pleine période de vacances d'été détruire la plus belle ligne de Normandie, histoire d'effacer son existence.

A une √©poque ou l'on parle √©cologie, des feux g√©ants sur lesquels br√Ľlaient des traverses indiquaient par de grande fum√©es noires la fin de la ligne.

10 jours suffirent pour détruire presque 150 ans d'histoires.

Il para√ģt que l'on peut reconstruire un pont, mais √† quel co√Ľt ?

La ligne Caen-Flers, épine dorsale de la Suisse Normande est aujourd'hui accompagnée par la voie verte V43 rebaptisée la francette.

A vous utilisateurs de faire de sorte que son histoire perdure, vous en êtes maintenant les gardiens.

Ce dernier tome de son histoire cl√īture notre parcours ensemble sur la voie qui vous m√®nera dans sa continuit√© jusqu'√† Laval.

Rendez vous dans 150 ans pour la suite.....si vous êtes encore là !

le chemin de fer au coeur de la suisse normande

Une seconde ligne entre Falaise et Berjou traversait la suisse normande.

Ligne secondaire de faible fréquentation, mise en service le 15 avril 1874, elle comportait deux beaux ouvrages d'art, le viaduc de Boulaire dit de Rapilly et le viaduc de la Fouillerie.

Le viaduc de la Fouillerie est toujours présent, celui de Boulaire a été détruit à l'exception de ses piliers.

Fermée le 1er mars 1938 au service voyageurs, le service marchandises cesse le 3 novembre 1961.

Ce sont les Allemands qui démonteront la voie pendant la seconde guerre mondiale pour les envoyer sur le front russe.

La ligne fut limitée après guerre à la section entre Berjou et Pont d'Ouilly et n'était de toute façon plus utilisé coté Falaise en dehors de la desserte de la zone industrielle.

A noter la très belle halle à marchandises toujours existante et sa gare entretenue à Pont d'Ouilly...il ne manque que les rails.

Dès lors, seul la portion de ligne menant à Cahan est restée ouverte pour desservir en embranchement particulier l'usine du Rocray, y apportant des wagons d'amiante.

Officiellement la section Pont d'Ouilly-Falaise fut déclassée en 1954, la section Falaise à sa zone industrielle en 1993 et Berjou-Cahan en 2003, bien que l'exploitation de cette petite section est disparue depuis 1986.

L'usine du Rocray, tristement célèbre pour l'amiante est toujours présente.

La section Berjou- Pont d'Ouilly pourrait être transformée en voie verte facilement en tout cas jusqu'à la halte de Cahan.

Ainsi à travers la Suisse Normande, la ligne empruntait un parcours pittoresque et très accidenté : ponts, viaducs, tranchées profondes dans le roc ou passages en corniche se succédaient.

Après le viaduc de Boulaire, le train, sifflet puis , s'enfonçait dans un tunnel de 90 m, à travers la colline de Canteloup. Le trafic, assez modeste, aurait pu quand même continuer son petit train de chemin si les Allemands n'avaient pas enlevé les rails pendant la guerre...

Loin de songer à reconstruire, on vendit le tablier métallique du beau viaduc de Boulaire, sorti des ateliers Escande de Paris.

Il recevait un tablier de planche de chênes, large de 5 m qui fut démoli en 1959.

Le viaduc avait une particularité, ses rails étaient mobiles, on les mettait et on les enlevait avec le passage du train !

La gare de Mesnil Vin en proximité de l'ancien viaduc existe toujours ainsi que sa petite halle à marchandises.

Le temps des voyages

Quand vient le mois de juin, la nature resplendissante me conduit sur les bords du quai de la gare de Caen pour prendre le petit train qui me mène en suisse normande.

Ses collines, ses vallées dans lesquelles coulent l'Orne puis le Noireau et enfin la Varenne pour me mener à Domfront la médiévale, attirent toujours autant ma convoitise.

Le tertre Sainte Anne indique l'arrivée à la gare de Domfront, mon terminus.

Muraille de grès face au mont tranché et à l'ancienne forteresse, porte de la Normandie.

La voie ferrée emprunte en cet endroit l'étroite vallée qui longe la Varenne.

Toile de fond √† l'ouest des ruines du ch√Ęteau, le tertre barre l'horizon de sa paroi abrupte et d√©nud√©e qui surgit de la v√©g√©tation.

L'ancienne carrière ouverte en 1911, qui a conduit à demander un classement de ce beau site, est aujourd'hui masquée par les broussailles qui ont colonisé tout le site d'extraction.

Il y a fort longtemps que je n'ai pas repris ce petit train qui de nos jours a été remplacé par une voie verte qui permet de découvrir les deux coté de la cluse.

Les rochers ne font plus courir de dangers à la voie ferrée qui se faufilait à ses pieds, laissant place au temps des voyages....

La porte de la Normandie

Domfront, porte de la Normandie nous ouvre l'horizon sur la Mayenne.

La ligne, apr√®s avoir pass√© les petites gares de Torchamp et C√©auc√© prend d√®s lors la direction d'Ambri√®res les Vall√©es, pittoresque village, perch√© le long de la Varenne puis rejoint le cŇďur du d√©partement de la Mayenne ...

C'est du haut de la forteresse de Domfront qu'il me plait de regarder le train pour Laval et les grandes étendues vers la Mayenne

Le pays de la Varenne

"Quelle était belle ma ligne de chemin de fer qui me menait de Flers à Domfront en passant par la bifurcation de Selle La Forge dont le poste d'aiguillages séparant la ligne Paris-Granville de la ligne Flers-Laval avait été modernisé et équipé des dernières technologies électromécaniques dans les trente glorieuses.

C'est à ce poste, comme aiguilleur, que je découvris l'activité intense des trains de minerai sur la ligne.

Je me souviens avoir pris parfois l'autorail de la mi journée pour la petite gare de Saint Bomer Champsecret pour rendre visite à ma grand mère qui logeait à deux lieux de celle ci.

Petite gare en pleine nature dont le trafic avait conduit √† son agrandissement, j'ai √©t√© surpris de la retrouver dans un √©tat qui m'inspire la m√©lancolie du temps qui passe et me ram√®ne √† mes lointains  souvenirs.

Du haut de mes 87 ans, je revois mon arrivée sur le quai de la petite gare, mes discutions avec le chef de gare, mais aussi avec la garde barrières qui aimait particulièrement papoter.

Le jardin potager en ce début d'été 1963 qui était particulièrement bien fourni.

Le puits du jardin proche de la gare est resté, mémoire des temps anciens qui me semblaient plus agréable que ceux d'aujourd'hui.

A chacun son époque, la mienne restera inscrite dans celle ci."


André

Saint Loup du Gast

Saint Loup du Gast en Mayenne, petit village agréablement fleuri autour de son église possède encore sa voie ferrée en direction d'Ambrière.

C'est en bout du village, au lieu de l'ancien passage à niveau qui servait aussi en son temps de halte ferroviaire que se découvre le départ de cette activité qui vous mène sur un peu moins de 3kms plus loin au terminus de la voie juste après le viaduc de la Rosserie.

La début de courbe dans laquelle se termine le voie ferrée empêche d'apercevoir l'ancienne gare d'Ambrière les Vallées qui se situe deux à trois cents mètres plus loin.

Deux passages √† niveau ponctuent le trajet, le premier le n¬į23 reste le plus dangereux, croisant la D258.

L'indication PN23 figure encore le long de la voie en approche de Saint Loup du Gast.

Le suivant, un peu moins de 300m apr√®s, le n¬į24 a gard√© sa petite maison de garde barri√®res, sans modification majeure.

La route nous mène de cet endroit sur les abords de la Mayenne, lieu de rencontre avec la Varenne.

Un peu plus d'un kilomètre, nous sépare dès lors du viaduc de la Rosserie.

Après une longue ligne droite, dans une zone particulièrement boisée, un chemin de terre indiqué par un céder le passage pour les véhicules agricoles, annonce notre approche du viaduc de la Rosserie qui traverse la Mayenne du haut de ses 20,66m.

Un peu plus loin une plateforme de retournement des vélorails indique la fin de la voie de chemin de fer d'une ligne qui a disparu de la Mayenne sur le reste de la plateforme la traversant entre Ambrière et la Chapelle Anthenaise.

Le rail n'est donc plus présent que sur 3kms sur les 40kms que nous proposent aujourd'hui la voie verte.

Le succès du vélorail sur le secteur rural de Saint Loup du Gast montre qu'il y a toujours mieux à faire que de détruire.

Bien que les vélorails soient beaucoup plus léger que des trains, dans les années à venir, se posera le problème de la maintenance de la voie ferrée qui souffre de son age au regard de l'état de ses traverses.

Espérons que la Mayenne sera conserver ses derniers rails de l'ancienne ligne Caen-Laval....pour le plaisir d'un passage à Saint Loup du Gast.

Le locotracteur de la gare du Chatellier

En passant par la gare du chatellier, rangé sous l'ancien hangar de chargement, le vieux locotracteur attend patiemment......