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voie verte de la ligne Caen Flers 6

souvenirs....souvenirs

En1970, on le sentait venir en gare de Condé sur Noireau et pourtant le trafic est encore là ...

La SNCF décide de l'arrêt de la ligne Caen-Flers.

Le 3 mai 1970, nous Ă©tions encore 6 cheminots en gare mais pour combien de temps.

Ce jour j'effectuai le dernier croisement d'autorails avec une drĂ´le d'impression.

Pourtant pour le moment rien ne semblait avoir changé.

La population par les journaux locaux et par l'affichage en gare avait été averti que dès demain le train serait remplacé par un autocar.

Personnellement je ne croyais pas en ce transfert mais voilà on s'attache souvent à peu, en l'espoir de meilleurs jours peut être et puis j'étais le plus jeune, laissant place à un peu plus de naïveté.

Il faudra revoir le tableau d'affichages dans la soirĂ©e me prĂ©cise t'on en indiquant « car Â» au lieu de « autorail ».

Certe l'autorail de type Picasso n'apportait plus le confort espéré mais il y avait les habitués et puis surtout le train n'était pas vide contrairement à la section vers Laval après Flers dont la fréquentation chutait.

Nous en avions connaissance par les barèmes de ventes de billets, début d'une forme de concurrence entre gare....

Et puis il y avait le trafic marchandises, avec notre train de minerai en provenance de Saint Clair de Halouze, l'activité ferrodo et les trafics diffus qui soutenait l'activité dont le service propane.

C'est un brin mélancolique que je reprenais le service le lendemain matin.

Plus de train pour siffler le départ mais juste un autocar qui marque l'arrêt dans la cour de la gare.

Après le trafic voyageurs, le trafic marchandises commença à décroitre sérieusement à partir de 1975 et seul la sécheresse de 1976 permettait de croire à un renouveau, voyant passer de nombreux trains exceptionnels.

Lorsque le service pour les mines de fer cessa, le couperet était tombé.

En 1981, j'Ă©tais le dernier agent en service dans cette gare qui ne voyait plus passer qu'un petit trafic marchandises et quelques colis sernam.

Le services autocars qui ne s'arrêtait plus depuis quelques années dans la cour de la gare mais au bout de la route n'apportait plus les voyageurs jusqu'à la salle d'attente de la gare que j'avais sauvegardé du temps dans l'espoir d'un retour du train.

Le temps s'était arrêté et seul quelques voyageurs venaient encore chercher un billet mais pour combien de temps.

Lorsque le service marchandises cessa, la gare resta ouverte encore une petite année avant que le service soit transféré au centre ville dans un petit local commercial.

C'est un brin mélancolique que je fini ma carrière à Caen après que le point de vente ferma à son tour.

Je me souviens de ses nombreux trains de lutte, c'Ă©tait bien et donnait de l'animation en gare.

Deux collègues mécaniciens ont même souhaité effectué leur départ en retraite sur cette ligne conduisant l'un des trains de lutte pour montrer leur attachement à la ligne Caen-Flers, c'était très émouvant.

Il faut dire que j'étais la majeure partie du temps seul, et un peu déconnecté des autres...

Le plus dur est de voir l'état aujourd'hui de la gare de Condé sur Noireau, qui vit désormais sans trains...

Souvenirs....souvenirs

La gare de Condé Sur Noireau

En 1983, la SNCF apposa une enseigne indiquant SNCF à l'entrée de la gare. (idée originale pour fermer un peu plus tard)

Au bout de l'avenue de la gare, jusqu'en 2012, une pancarte précisait toujours gare SNCF...

La gare d'abord abandonnĂ©e vit la vĂ©gĂ©tation reprendre ses droits, puis après le vandalisme de l’abri de quai, le vol des chariots de quai, la casse de son annexe et enfin la destruction de la grande halle Ă  marchandises dont les carreaux avaient Ă©tĂ© brisĂ©, elle se trouva Ă  son tour sous les projecteurs  des casseurs...

Aujourd'hui traversée par la seule voie principale, ses accès ont été murés.

La gare n'est plus que l'ombre d'un passé d'une gare de 1ere classe d'arrêt général dont les ailes latérales avaient été détruites lors de sa rénovation en 1966.

L'ombre du temps

 

 

A l'ombre du temps, la gare de Condé Sur Noireau a perdu son prestige passé.

L'horloge de la gare de 1ere classe a disparu laissant place aux souvenirs ....

La gare de Mayenne

Autre gare importante de la ligne Caen-Laval, la gare de Mayenne Ă©claire toujours l'espoir du retour du train.

Un retour qui devient de plus en plus difficile, au regard de la disposition des bâtiments construits depuis.

On aurait voulu que le train ne revienne jamais ?

En attendant, son guichet est ouvert pour délivrer billets et renseignements.

Coté cour, l'activité des autocars et l'allure de la gare donnent un semblant d'échanges multimodal avec le chemin de fer.

Coté quai, c'est la désolation totale, la gare a perdu toutes ses voies et seul quelques bâtiments annexes rappellent l’existence d'une activité ferroviaire.

(en photo l'abri de quai avant sa démolition)

20 kms séparent Mayenne de l'embranchement de la Chapelle Anthenaise.

Mayenne reste à la porte de la virgule de Laval qui améliore le service vers Angers et Paris.

A la Chapelle, la gare a disparu depuis fort longtemps mais la voie vers la ligne Caen-Laval est toujours lĂ .

On y trouvait une scierie disparue qui débitait essentiellement des traverses de chemin de fer, l'activité principale de la gare restant la gestion des trains de marchandises pour Mayenne.

Dans les dernières années d'exploitation, Moulinex fut un important utilisateur de la ligne.

De la Chapelle, la voie rejoint la ligne Paris-Brest pour les 12 derniers kilomètres qui la mèneront à Laval après un passage par la gare de Louverné devenue une simple halte qui voit encore quelques TER s'arrêter le long de ses quais.

A Louverné, le souvenir du temps des fours à chaud, les plus importants de la région, est bien présent.

ActivitĂ© principale de cette gare disparue, un parcours a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ© pour  la dĂ©couverte.

La ligne entre Mayenne et La Chapelle Anthenaise est particulièrement rectiligne.

TransformĂ©e en voie verte, elle passe  par le magnifique viaduc de Moulay qui permet de dĂ©couvrir l'Aron en prenant de la hauteur.

Les gares de Commer et Martigné sont toujours présentes sur le bord de la voie verte.

Quelques petits ponts agrémentent le trajet comme celui de Commer.

La voie en gare de Mayenne

Coté Laval, on aperçoit l'ancienne remise à locomotive, au loin un bâtiment neuf qui occupe le centre de l'ancienne plateforme de la gare.

Coté Caen, le passage pour une voie est réduit à une enclave entre deux bâtiments neufs.

On ne voudrait pas le retour du train, on ne s'y prendrait pas mieux !

Ballade entre Caen et Mutrécy

Par un beau dimanche d'été, nous prenons le départ vers la suisse normande au départ de Caen (la prairie).

La voie verte est particulièrement fréquentée en ce début de mois d'aout par des cyclistes, des promeneurs à pied, mais aussi de faux champions de courses qui bondent vers l'objectif sans observer l'environnement.

A chacun son plaisir !

Ce n'est en tout cas pas le mien pour parcourir la voie verte de la ligne Caen-Flers.

Il faut avouer que faire du vélo sur la voie verte ne me semble pas s'apparenter avec compétition, au regard du monde présent, de son tracé plat et de son intérêt pour un adepte de la vitesse.

Au fond, c'est comme ci vous aviez des champions de natation qui ferait des allers/retour d'entrainement dans le petit bassin d'une piscine.

Donc, en bref, excusez moi si vous en faites parti, vous connaissez en tout cas mon impression.

Revenons Ă  notre voie verte.

La ligne de chemin de fer est totalement envahie par la végétation et seul un panneau rappelant la limite de marche à 40 km/h nous permet de soupçonner son existence après le passage du pont sur l'odon.

Après avoir traversé la plaine de Caen, nous atteignons les ponts de fer de l'ile enchantée.

Sur le vieux pont de fer abandonnée de droite, quelques jeunes se risquent à sauter dans l'orne, bravant tous les dangers du pont et de la probable profondeur de la rivière en ce lieu.

De lĂ , la voie verte descend en contre bas de l'ancienne ligne de chemin de fer pour des raisons que je ne m'explique pas .

Un ancien passage privée équipée d'une porte de fer qui permettait de traverser la voie ferrée par un petit tunnel est toujours présent, sans que personne n'y prête plus attention.

Quelques centaines de mètres plus loin, nous rejoignons notre ligne au niveau du périphérique sud de Caen dont le bruit cache la tranquillité attendue.

Ne nous attardons pas en ce lieu sans intérêt afin de rejoindre le premier petit pont enjambant notre voie verte, puis le première petite maison de garde barrières qui n'a pas été détruite depuis Caen.

Cette petite maison montre qu'il y avait des passages à niveau même pour des chemins d'accédant qu'à des champs ...

Certains étaient gardés, ce qui était le cas de celui d'Etavaux.

Un peu plus loin, le pont d'Etavaux demande un arrêt pour observer l'orne que nous traversons pour la seconde fois depuis le départ.

De chaque coté se dresse des carrières dont la ligne Caen-Flers garde la trace d'un raccordement en la présence d'un cœur d'aiguillage.

Nous rentrons dans une épaisse tranchée que trois petits ponts en enfilade agrémentent de leur présence.

Le second, le plus fin, n'est plus utilisé mais garde sa petite touche de charme.

Juste après, le troisième pont qui nous permet de croiser la route D89  fut le sujet d'une bataille contre l’arasement de la ligne Caen-Flers pour agrandir cette route, le pont Ă©tant Ă  une seule voie de passage.

C'est ainsi qu'il faut se rappeler que certaines batailles du rail permettent aujourd'hui d'apprécier la voie verte tel que nous l'observons.

Nous arrivons à Feuguerolles Saint André, petite gare type ouest de la ligne Caen-Flers.

Elle a gardé son annexe de briques que son propriétaire utilise en bâtisse de jardin.

Sur le devant de la gare est indiqué la mémoire d'un cheminot disparu pour fait de guerre.

La gare possède encore sa voie d'évitement qui permettait les manœuvres.

Sur le quai 2, on observe la présence de l'abri de quai et son banc partiellement envahi par la végétation.

La voie ferrée a disparu sous les ronces et n'a été sujet à aucun nettoyage depuis l'ouverte de la voie verte.

Contournant la gare par la droite, nous passons à coté de la vieille usine du béton vibré qui a conservé son activité.

Les deux barrières en fer qui fermaient l'accès à son embranchement privé son toujours présente, on y observe une portion de rails rappelant son existence.

Longtemps en ce lieu stationnèrent de vieux wagons plats.

De même aux abords des concasseurs des mines de fer, juste un peu plus loin, un vieux convois envahi par la végétation resta sur une voie de garage pendant une quinzaine d'années à attendre son départ chez le ferrailleur.

Les vestiges grandioses de bétons et de fer des deux concasseurs, du poste d'aiguillage de ce qui fut un grand faisceau de voies ferrées, le pont d'accès aux mines, sont autant de souvenir d'un passé industriel animé.

A cet endroit, il faut se poser, le temps d'observer la belle cascade sur l'orne qui demande une photo souvenir.

Curieux, nous nous frayons un passage entre la végétation pour observer les masses des concasseurs donnant un aperçu de la production de minerai envoyé par wagons de cette gare jusqu'en 1970.

Le site est particulièrement visité des tagueurs qui trouvent un terrain pour exprimer leurs émotions.

Nous reprenons nos vélos, passant à coté du terrain de loisir des pêcheurs de May puis rejoignons à nouveau la plateforme de la ligne Caen-Flers.

Depuis Caen, de nombreux petits bancs sont présents tous au long du parcours permettant une pose à tout moment.

Ils sont en parfait état sauf en ce lieu ou des gens insouciants des conséquences de leur vandalisme ont brulé une partie d'une assise.

Caché parmi la végétation, surprise, l'ancienne remise pour locotracteur est toujours là.

Un peu plus loin, le pont de May demande un nouvel arrĂŞt pour admirer l'Orne que nous accompagnons depuis Caen.

Une arche de ce pont a été détruit lors de l'été 1944 et n'a été que partiellement reconstruite, laissant un passage restreint entre la voie verte et la ligne de chemin de fer qui est particulièrement bien envahie de végétation, de petits arbustes commençant à pousser....

Cachée parmi les broussailles, l'ancienne carrière ne peut se percevoir qu'en quittant succinctement la voie verte.

Une lĂ©gère courbe nous permet d'atteindre le passage Ă  niveau de Percouville, dont la maisonnette est parfaitement entretenue par son propriĂ©taire actuel,  laissant place sur la droite Ă  une vision unique sur le Moulin de Bully.

Nous sommes au PK 251.

Un cadre photo a été aménagé faisant place à la pose pour immortaliser l'instant présent.

Un peu plus d'un kilomètre plus loin, nous approchons de la gare de Mutrécy, lieu de départ du velorail de la vallée de l'Orne, juste après le wagon postal, petit musée de cette association qui vous propose de parcourir la voie verte par cet autre moyen de transport afin de rejoindre la Halte de Grimbosq.

Ce déplacement sera pour une autre fois, en attendant nous profitons du lieu pour nous attabler à une terrasse sur les bords du Pont du Coudray avant d'entamer notre retour.

Le fantĂ´me de la mine

Un soir de novembre 1988, je ne sais ce qui m'attira, peut être la curiosité...

En cette soirée au ton chaotique, une lumière présente au niveau du concasseur me laisse perplexe.

Un bruit de machinerie grippée dans une ambiance de temps de Toussaint assiste mon unique présence humaine.

Je décidai d'aller voir vers le concasseur nord pour comprendre ce qui peut provoquer cette étonnante situation.

Mon imaginaire me fait rĂŞver de fantĂ´mes attirant mon attention.

Quel fut ma déception mais aussi mon soulagement de trouver une explication rationnelle.

La jeunesse est souvent synonyme de naĂŻvetĂ©  dans lequel le surnaturel Ă  sa place.

Malheureusement elle s'estompe avec le temps.

Paul